En 1935, le maire de Clichy, Charles Auffray, lance un concours d’architectes pour la couverture du marché de plein air, rue de Lorraine (boulevard du Général Leclerc).

Les architectes Beaudouin et Lods et leur ingénieur Vladimir Bodiansky, spécialistes dans l'architecture moderne, proposent une solution novatrice : ils envisagent une rentabilisation maximum de l’espace.
Le projet accepté aboutit sur un des premiers édifices associant harmonieusement le métal et le verre, permettant de concevoir le fonctionnement juxtaposé : d'un marché couvert (ou découvert), d'une salle de spectacle modulable (700 places) en salle d'exposition, bureaux des syndicats et associations de la commune (1500 à 2000 personnes) dans un bâtiment entièrement modulable, avec des cloisons, un plancher et un toit escamotables.
Pour réaliser ce que Charles Auffray appelle déjà la Maison du Peuple, les architectes s'associent en 1935 à l’ingénieur Jean Prouvé (1901-1984) qui considère les bâtiments comme des organismes, où chaque détail a une fonction.
Celui-ci leur apporte, au-delà de la conception, des solutions techniques originales dont la plus exemplaire reste les murs-rideaux, réalisés pour la première fois à Clichy : les murs, non porteurs, sont simplement suspendus à la structure.

Ce prototype de l’architecture métallique connaît son aboutissement avec le Centre Georges Pompidou.
Son histoire est intimement liée aux événements du Front Populaire et de la guerre de 1939-45. Les couleurs choisies du bâtiment furent le jaune à l’intérieur, argent et rouge à l’extérieur. Il est doté d'un toit en verrière mobile (comble ouvert ou fermé), distribuant un maximum de lumière, pouvant s'effacer pendant les périodes de beau temps (partie terminée en août 1940).
Pour ses fondations, il apparaît à cette époque utile de réaliser un sous-sol destiné à servir, éventuellement, d'un abri antiaérien existant encore de nos jours. Il se situe côté boulevard.
Après le classement de la Maison du Peuple à l’inventaire des monuments historiques en 1983, un long travail de restauration a été engagé. La première réalisation consistait à consolider la structure métallique, à remettre en état le pont roulant et à rendre à l’édifice son aspect extérieur d’origine. Cette première tranche de travaux fut achevée en 1998. Mais le plus important reste encore à faire, au rez-de-chaussée dans un premier temps, puis plus généralement à l’intérieur de la structure. Le plancher amovible ayant malheureusement fait place à une chape en béton fixe, des choix difficiles restent à faire quant à la politique globale de restauration du bâtiment, à ses objectifs, aux techniques à mettre en œuvre et au budget à consacrer à ces travaux.
En effet, si aujourd’hui cet édifice ne semble pas retenir l’attention – et encore moins l’émerveillement – des habitants, il est pourtant un digne représentant d’un courant architectural connu sous le nom de « Mouvement Moderne », succédant en quelque sorte à l’ « Art Nouveau » en lui tournant radicalement le dos par ses lignes droites, ses formes épurées, ses perspectives simples.