Les 8 compositeurs du Kiosque à Musique

François-Adrien Boieldieu (1775-1834)
Artiste né sous l’Ancien Régime, Boieldieu fit ses armes pendant la Terreur et acquit la célébrité durant le Consulat et l’Empire. Il fut honoré par les Bourbons puis ruiné par la Révolution de Juillet en 1830. Il demeure le principal compositeur français d’opéras du premier quart du XIXe siècle, en particulier d’opéras comiques : Zoraïme et Zulnar en 1798, le Calife de Bagdad en 1800, la Dame blanche en 1823.

Daniel-François-Esprit Auber (1782-1871)
En 1828, Auber connait le succès avec l’opéra La Muette de Portici. Sur le plan historique, cet ouvrage jette les bases du Grand opéra historique français. Le Grand opéra désigne un genre d’opéra du XIXe siècle, généralement en quatre ou cinq actes, caractérisé par une distribution et un orchestre de grande envergure, de prodigieux décors et de spectaculaires effets de scène, basé sur une intrigue tirée d’un événement historique dramatique. C’est finalement à l’opéra-comique, toujours aidé de son complice Scribe, sans égal pour construire des livrets agréables et intéressants, qu’Auber va se consacrer avec le plus de succès et de régularité à partir du triomphe de Fra Diavolo (1830). En 1842, il est nommé directeur du Conservatoire de musique de Paris, il le restera jusqu’à sa mort en 1871.

Louis-Joseph-Ferdinand Hérold (1791-1833)
Il acquiert la célébrité grâce à un opéra écrit en collaboration avec François-Adrien Boieldieu, Charles de France (1816). Le 3 mai 1831 a lieu la première de son plus célèbre opéra, Zampa, qui est un triomphe en France et en Allemagne où il est encore joué de nos jours. Après avoir collaboré à La Marquise de Brinvilliers (avec entre autres Boieldieu et Auber) et écrit La Médecine sans médecin, il donne en 1832 ce qui est sans doute aujourd’hui son œuvre la plus connue, Le Pré-aux-clercs, qui atteindra la 1000e représentation en 1871.

Hector Berlioz (1803-1869)
Avec la Symphonie fantastique composée en 1830, il est considéré comme l’un des plus grands représentants du romantisme européen. Il la compose après avoir rencontré l’actrice Harriet Smithson qu’il épouse en 1833. En 1841, il commence la rédaction d’une série d’articles pour la « Revue et gazette musicale », articles qui feront la matière de son Grand traité d’instrumentation publié en 1843. Il entreprend de nombreux voyages à l’étranger où sa musique est mieux accueillie qu’à Paris (Belgique, Allemagne, Autriche, Angleterre). Le 6 décembre 1846, La damnation de Faust est créée à l’Opéra-comique de Paris. Dans les années 1850, grâce à sa positon à la cour de Weimar, Liszt popularise la musique de Berlioz en Allemagne, particulièrement en organisant une « semaine Berlioz » en 1852 au cours de laquelle on produit Benvenuto Cellini (modifié pour public allemand), Roméo et Juliette, et deux parties de La damnation de Faust (qui sera dédicacée à Liszt, et ce dernier dédicacera en 1854 sa Symphonie Faust à Berlioz). Ces relations avec Liszt, le poussent à poursuivre dans le grand opéra, avec les Troyens en 1858.

Charles GOUNOD (1818-1893)
En 1859, fut joué au Théâtre-lyrique son Faust, opéra d’après le drame de Goethe, dans lequel Marguerite est séduite par Faust après qu’il ait vendu son âme au diable. Grâce à une superbe partition, incluant le célèbre air de Méphisto le Veau d’or, l’air de Marguerite dit des bijoux â Ah ! je ris â, immortalisé à sa façon par La Castafiore de Hergé, le chœur des soldats et la musique de ballet de la Nuit de Walpurgis, le succès fut considérable : 70 représentations la première année ! En 1867, il publia Roméo et Juliette, opéra d’après Shakespeare. Si Gounod reste surtout réputé pour ses opéras, il composa également deux symphonies et de la musique religieuse (Mors et Vita, 1885), de nombreuses chansons et des arrangements sur des poèmes d’Alfred de Musset ou Victor Hugo, tels Venise, ô ma belle rebelle, D’un cœur qui aime.

Charles Louis Ambroise THOMAS (1811-1896)
Ambroise Thomas est triomphalement élu à l’Académie des beaux-arts en 1851, écrasant Berlioz qui n’obtient pas une seule voix. Il a la cinquantaine passée lorsque son opéra Mignon (1866), sur un livret tiré du roman de Goethe, Wilhelm Meister, remporte un succès considérable après des débuts hésitants. Dès lors, Ambroise Thomas, dont la renommée était jusqu’alors restée relativement restreinte, accède au statut de compositeur majeur. En 1894, Mignon avait été représenté plus de 1 000 fois au seul Opéra-comique et avait été présenté sur toutes les scènes d’Europe.

Clément Philibert Léo Delibes (1836-1891)
Léo Delibes s’est marié en 1871 avec Léontine Estelle Mesnage dit Denain, fille de la Sociétaire de la Comédie Française « Mademoiselle Denain », demeurant à Clichy. Son inspiration pour les opérettes Coppélia (1870), Sylvia (1876), lui vint dans les jardins de la « Villa de Clichy », aujourd’hui le Parc Roger Salengro. Il est également l’auteur d’opéras comiques tels que Le Roi l’a dit et Lakmé. Aujourd’hui, le Conservatoire Municipal de Musique de Clichy porte son nom.

Alexandre-César-Léopold Bizet, dit Georges Bizet (1838-1875)
Il est le compositeur de l’un des opéras français les plus populaires au monde : Carmen. Après trois mois de travail sans répit et 1 200 pages de partition, Carmen, son chef d’œuvre, est prêt ; son superbe livret est de Henri Meilhac et de Ludovic Halévy qui ont écrit les livrets des plus célèbres opérettes de Jacques Offenbach (La Belle Hélène, La Vie parisienne, La Périchole).

Le 3 mars 1875, il est fait chevalier de la Légion d’honneur, le jour de la première de Carmen, qui se révèle être un désastre. Les musiciens et les choristes sont médiocres, les changements de décor prennent un temps considérable si bien que la salle se vide peu à peu. Le public et la critique sont scandalisés par cette histoire sulfureuse que la presse du lendemain condamne au nom de la morale. Bizet en est bouleversé. Il contracte une angine mais décide contre tous les avis de se réfugier dans sa maison de Bougival. Le 29 mai 1875, il se baigne dans l’eau glacée de la Seine et est pris dès le lendemain d’une crise aiguë de rhumatisme articulaire. Sa santé s’aggrave et dans la nuit du 2 au 3 juin, victime de complications cardiaques, il meurt d’un infarctus à l’âge de 36 ans.
Son opéra Carmen, adapté de la nouvelle de Prosper Mérimée, est l’une des œuvres du répertoire les plus jouées dans le monde de nos jours. En Europe, après la mort de Bizet, la carrière éblouissante de Carmen fut rapide. Le premier triomphe de cette œuvre lumineuse a lieu à Vienne dès le mois d’octobre 1875.